vendredi 22 septembre 2017

SIRE CEDRIC. Y penser encore

Chronique sur le roman de Sire Cedric, Du feu de l’enfer, 

Presse de la Cité, 2017.




On sort rarement indemne de la lecture d’un roman de Sire Cedric. Cet auteur génial, que l’on pourrait dire être l’élève de Stephen King (je vous avoue que je préfère Sire Cedric à Stephen King, eh oui!) nous propose toujours des histoires d’une telle intensité, d’une telle profondeur, avec des personnages vrais et si proches de nous, que je vous l’assure, à la fin du roman, vous dites : « Encore. »

« Encore », car vous avez appris à aimer les personnages principaux et secondaires. Vous avez aussi appris à craindre les « méchants » qui sont finalement des hommes et des femmes qui ont de sérieux problèmes psychologiques.

Je ne vais pas faire de spoiler, vous lirez l’interview du maître ci-dessous, où nous en révélons déjà assez pour vous donner envie de vous procurer fissa ce livre : Du Feu de l’Enfer



Ce dont j’aimerai vous parler un peu c’est de Sire Cedric, de ses livres. Car il en a écrit déjà un certain nombre. Exactement six thrillers et trois romans fantastiques. C’est le troisième que je lis. Pas une seule fois je n’ai été déçu, croyez-moi. Cependant ces ouvrages ne sont pas à mettre dans les mains de trop jeunes lecteurs. Car les livres de Sire Cedric font peurs, et certaines scène sont « malsaines ».

« Malsaines » mais indispensables pour comprendre. Ici dans le Feu de l’Enfer, les descriptions affreuses, immorales, reflètent une triste réalité. Et nous amène à nous positionner quand même. A savoir si nous pourrions nous laisser entraîner dans la secte que Manon et son frère Ariel vont devoir affronter. Dans quel camp sommes-nous ? Et y a-t-il seulement deux camps ? Pourquoi ce mal ? Pourquoi ce courage de finalement aller jusqu'au bout ? Et est-ce que une victoire est possible contre des forces qui nous dépassent ?

Sire Cedric nous tiraille, nous pousse à lire et réfléchir. Oui nous nous divertissons à lire Sire Cedric. Mais un roman aussi fort, ne peut être lu et mis de côté comme un roman à l’eau de rose qui raconte la même histoire pour la millième fois. Chaque livre de Sire Cedric est une nouvelle aventure humaine.



Aventure qui va au fond de notre âme dénicher la noirceur qui peut exister et qui se cache bien. Il suffit qu’un événement arrive pour que cette noirceur revienne à la surface. Alors bien entendu Du Feu de l’Enfer est une fiction, il ne s’agit pas d’une leçon de morale, mais quand même. Sire Cedric nous pose certaines questions.

C’est pour cela que j’ai voulu lui poser aussi des questions. Dans cet interview, j’ai essayé d’approfondir, de donner au maître mes impressions, à savoir si elles étaient justes ou fausses. Vous aussi, j’espère que vous aimerez ce livre, «  une histoire affreuse » (pour citer Sire Cedric), qui va loin quand même dans ce que l’homme est capable de faire. Il suffit d’un masque pour que l’interdit disparaisse, pour que les plus bas instincts s’éveillent.

Sire Cedric, mes amis, est un auteur de génie. Nous devons le soutenir. Il est impensable qu’il ne soit pas distribué partout. Vraiment lorsque nous cherchons un livre puissant, intense, qui ne nous lâche pas du début à la fin (s’il y a une fin!?) il faut lire un roman de Sire Cédric car on est forcé d’y penser encore.



Y penser encore : Bram Stocker m’avait fait cet effet. Et pourtant on s’ennuie un peu dans Dracula. Stephen King aussi nous laisse ce goût, cette déception de quitter les personnages, de se dire, mais qu’arrivera-t-il ensuite, on y pense encore… Si je me suis ennuyé un peu chez Stocker, cela est impossible chez celui qui est le maître des « histoires affreuses ». Maître que nous allons maintenant laisser s’exprimer pour notre plus grande joie.




Interview de Sire Cedric

 Bonjour Sire Cedric. Votre look interpelle. Je le trouve très classe, j’aime beaucoup. Reflète-t-il vraiment ce que vous êtes dans la vie et en tant qu’écrivain ?

Je vous remercie pour le compliment ! Cela étant dit, je suis écrivain, en effet, et ce sont donc mes livres qui comptent. Mon métier consiste à inventer des histoires passionnantes. Surtout pas de me mettre en avant, moi. Ce serait un autre genre de littérature, que je ne pratique pas. Dans notre monde où tout le monde cherche à jouer un personnage, je ne souhaite au contraire pas en être un. Je préfère les inventer.

Pourquoi écrivez-vous ? Précisément pourquoi écrivez-vous des « histoires affreuses » (pour vous citer) ?

Parce que j’aime les histoires qui font peur. À la folie. Elles accompagnent ma vie depuis mon enfance, que ce soit au travers des romans, des films, des séries télévisées. Je les aime tellement que je me suis pris au jeu d’en inventer moi-même, et c’est finalement devenu mon métier. Ce que je fais est simple, en définitive : j’écris pour divertir les lecteurs. Pour leur faire vivre des émotions fortes et qu’ils en redemandent. C’est un travail difficile, mais passionnant. Et quand j’y arrive, quand les lecteurs se prennent au jeu et passent un bon moment dans mes histoires, je suis aux anges.




Votre style d’écriture ne nous laisse pas un moment de répit, le savez-vous ?

C’est ma technique pour empêcher le lecteur de fermer le livre. Chaque chapitre doit faire avancer l’histoire, apporter des surprises ou renouveler l’intérêt. Je m’interdis de faire baisser la tension jusqu'à la conclusion. Moi-même, en tant que lecteur, j’abandonne de trop nombreux romans en cours de lecture car je m’y ennuie, je ne suis pas accroché. Je veux que les miens soient capables d’aspirer le lecteur dès la première ligne, qu’ils ne laissent ressortir de l’aventure qu’une fois celle-ci achevée.

Où allez-vous chercher toutes ces « histoires affreuses » Sire Cedric ?

J’ai une imagination fertile. Mais je dois avouer que l’actualité me donne sans cesse de nouvelles pistes à explorer ! Par exemple, le contenu de mon tout nouveau roman, Du feu de l’enfer, est composé à 90% de faits divers. Je n’ai eu qu’à inventer des personnages que j’aimais, que je voulais suivre, et les placer au cœur du mystère. Quasiment toutes les scènes du roman ne sont, en fin de compte, que des anecdotes réelles mises bout à bout, comme des pièces de puzzle révélées l’une après l’autre. La réalité est souvent bien plus terrifiante que tout ce qu’on peut imaginer.

Personnellement lorsque je lis un roman je suis happé par l’histoire, les personnages deviennent réels. Est-ce votre cas lorsque vous écrivez leurs aventures ?

Les personnages sont inventés de toutes pièces, bien sûr. Mais le but du jeu est de leur donner de la profondeur. Si je suis assez fin dans mes dialogues, dans la mise en scène de leurs réactions, alors ces personnages se mettent à vivre pour de bon. Et les lecteurs vont se sentir touchés par ce qui leur arrive. C’est la magie de la littérature. Réussir, par la fiction, à évoquer des souvenirs au lecteur. À lui faire oublier qu’il est en train de regarder des taches noires sur du papier et qu’il s’imagine avoir en face de lui de vraies personnes. Des gens qu’il peut avoir envie d’aider ou de gifler, mais de vraies personnes.




Aimez-vous vos personnages, jusqu'au méchant ?

Il le faut, sinon les méchants ne sont pas crédibles. En écrivant Du feu de l’enfer, je me suis attaché à mes « mauvais » personnages autant qu’à mes héros. J’aime la folie de ces tueurs, leur profonde méchanceté, ce lien malsain qu’ils nourrissent, chacun l’un vis-à-vis de l’autre, et qui n’est qu’une manifestation criante de leurs faiblesses et névroses personnelles. Car chacun des personnages, bon ou mauvais, est avant tout un être humain.

Comment se fait-il que vous semblez aimer, dans les romans que j’ai pu lire de vous, qu’une femme soit l’héroïne principale ?

Je n’y ai jamais réfléchi, pour dire la vérité. Mais il est vrai que j’aime les personnages de jeunes femmes étouffées par leur quotidien, qui ont besoin de prendre confiance en elles. Je les plonge dans des aventures horribles pour les forcer à trouver cette force qui leur manque, pour qu’elles deviennent elles-mêmes et brisent leurs chaînes. Voir leur évolution m’emplit de bonheur.

Il est remarquable que vos, disons, héros restent très humains, je veux dire par là qu’ils pourraient être n’importe qui, n’est-ce pas ?

C’est l’idée. Tout spécialement dans mes derniers romans. Je choisis des personnes ordinaires, à qui on peut s’identifier, et je les place face à un danger terrible, d’une puissance qui les dépasse forcément. Plus le contraste est fort, plus le personnage est faible par rapport à la menace qui s’abat sur lui, et plus le lecteur va se sentir concerné, et donc immergé dans l’histoire.

Les méchants par contre (aux surnoms maléfiques qui m’ont fait penser, outre évidemment au satanisme, mais aussi à des groupes de Black Metal, nous parlerons musique plus tard), ont des capacités quand même particulières. Sans être des surhommes, ils ne sont pas communs. C’est voulu ?

Ils sont perçus comme ça car c’est précisément ainsi qu’ils veulent être perçus ! Cela les rend d’autant plus terrifiants. C’est pour cela, par exemple, qu’ils portent des masques. Il n’y a rien de plus effrayant, pour moi, qu’un masque. Un autre visage qui cache celui de l’humain. Symboliquement, c’est très fort. Dans le roman, ces personnes prennent également des surnoms pour incarner leur personnage. Cela leur donne encore plus de puissance, d’envergure, ils ont transcendé leur humanité pour laisser jaillir leur bête intérieure. Mais au final, sous le masque, ils demeurent des êtres humains ordinaires. Leur donner cet anonymat, et également cette multiplicité (comme les démons dans la Bible, donc) m’a permis de renforcer la sensation de paranoïa des personnages pris dans les filets de cette secte.


Exemple de secte en bande dessinée. 

Il semble que vous aimez jouer avec la faiblesse et la force, et que le fort n’est pas celui que l’on pense finalement ?

Il est important d’emmener les lecteurs sur des fausses pistes. C’est un contrat tacite entre l’auteur et le lecteur, et cela fait partie du plaisir de la lecture. On s’imagine des choses, on se doute de là où veut en venir l’auteur… et puis finalement on se rend compte qu’on a été manipulé, qu’on n’a rien vu venir, et la satisfaction n’est que plus intense. Ici encore, ce qui est essentiel dans une histoire, c’est le parcours de chaque personnage. Ce n’est pas toujours celui qui semble le plus fort au début qui l’est vraiment, et inversement ! Un roman est une manière de regarder sous le masque de chaque personnage et de comprendre qui il est, où il va, et comment il évolue.

Une chose remarquable dans vos romans, c’est qu’aucun des personnages ne se ressemble. Par exemple : Manon n’est pas Eva Svärta. Qu’en pensez-vous ?

En termes de psychologie, Manon Virgo et Eva Svärta sont en effet aux antipodes l’une de l’autre. Manon est quelqu'un de très – trop – effacé alors qu'Eva se comporte comme un homme. De la même manière, logiquement, Manon n’a pas de vie sexuelle alors qu'Eva assume ses appétits sans retenue. On peut dire que Manon est la fille la plus ordinaire qui soit, finalement, alors qu'Eva, quant à elle, est quasiment un personnage de bande dessinée, que ce soit dans son apparence particulière comme dans son comportement, son aspect « increvable » qui la rapproche des stéréotypes de super-héros. Pour Du feu de l’enfer, en revanche, je tenais à mettre en scène une jeune femme réelle. Quelqu'un qu’on ait l’impression de déjà connaître, ou au moins d’avoir croisée. Quelqu'un qu’on ait envie de protéger.


Et Sire Cedric, n'est-il pas un peu un personnage de Comics? (Crédit photo: BAZAR COMICS)

Le choix du titre du roman Du feu de l’Enfer, titre tiré de la citation d’une chanson de Marduk que nous trouvons tout à la fin, n’est pas simplement un titre : cela va plus loin, est-ce exact ?

J’aime encadrer mes romans de citations, cela me semble donner un supplément de sens, une couleur supplémentaire aux histoires. Quand j’ai eu l’idée du roman, et que je pensais à évoquer les Hellfire Clubs anglais, la musique ultra violente et ultra malsaine de ce groupe suédois m’est tout de suite venue en tête, et j’ai souri en pensant au titre de ce morceau en particulier : Of Hells Fire. J’ai su que le titre de mon histoire en serait la traduction littérale en français, Du feu de l’enfer, avant d’écrire la première ligne, et il était évident pour moi qu’une citation de ce morceau figurerait en conclusion. Comme un grésillement, la persistance d’une flamme vive brillant au fond des yeux…


MARDUK
Photo: https://burningambulance.com/2012/06/13/marduk/

J’ai été frappé par la citation de saint Marc (Mc 5,9). Savez-vous qu’elle est sortie de son contexte et que pour bien la comprendre, il faut la situer dans son contexte immédiat et dans celui de l’Évangile, voir même de la Révélation ? d’ailleurs ce que dit Légion et ce qui lui arrive sont très instructifs. (Je ne peux pas développer ce sujet ici, pourtant cela serait intéressant d’en parler en relation avec votre roman). Pourquoi cette citation ?


Je l’ai choisie aussi tout aussi simplement, et pour la même raison, que celle de fermeture du roman. J’avais mon titre, j’avais mon sujet, et avant de commencer à écrire voilà que cette citation bien connue m’a frappée. Je ne souhaitais pas l’interpréter au sens littéral, comme W.P. Blatty a pu le faire à la fin de son roman L’exorciste par exemple, mais plutôt évoquer une menace de nature multiple et grouillante. J’avais envie d’explorer le mal caché dans l’être humain. Cette citation me semblait parfaite pour donner le ton et le sujet du roman et, en quelque sorte, déjà conditionner le lecteur à ce qu’il allait vivre.

REGAN dans le film L'EXORCISTE


La citation de Marduk me semble être la vraie conclusion du roman, qui correspond à un changement. Changement progressif que nous voyons chez Manon, ai-je raison ?

Un changement progressif et invisible, oui. Cette citation évoque quelque chose de noir sous la surface. Notre plus grande force, parfois, n’est pas puisée dans la zone lumineuse de notre âme. Même si nous le regrettons, que nous en avons honte parfois, cette noirceur fait aussi partie de nous, et de notre évolution en tant qu’être humain.

Vous semblez avoir étudié la psychologie humaine me semble-t-il ?

Tous les auteurs le font. Je crois que toutes les bonnes histoires ne parlent que de ça : l’être humain, son âme, ses questions essentielles. Qui nous sommes. Pourquoi nous faisons ce que nous faisons. Ce que l’on fait pour évoluer, pour ne pas se laisser broyer par un monde hostile. Les personnages sont au centre du Feu de l’enfer. J’ai écrit ce livre pour parler de Manon et de son frère avant tout. À ma manière, peut-être que j’effectue ma thérapie, de livre en livre !

Vous vous documentez pour écrire. Comment recevez-vous les résultats de ces recherches pleines de, disons, surprises ? Et comment vivez-vous cela ?

Les recherches constituent une partie importante et passionnante de mon travail. Elles sont indispensables pour la crédibilité de l’histoire. Et puis elles m’apportent un formidable plaisir personnel. Pour prendre un exemple parmi d’autres, je me suis documenté sur la thanatopraxie, que je voulais évoquer le plus sobrement et le plus dignement possible dans ce roman. C’est pendant ces longues discussions avec des thanatos que j’ai découvert que, contrairement à ce que j’imaginais (naïvement) il n’y a presque jamais d’autopsie pour les suicides : les thanatos embaument chaque semaine des adolescents qui se sont pendus ou ouvert les veines, des vieillards qui se sont fait sauter la tête avec leur fusil, et ainsi de suite… sans que jamais personne ne questionne les faits, que jamais aucune autopsie ne soit demandée. Je fais ces recherches par curiosité avant tout, cela assouvit mes envies de découvertes d’autres métiers, d’autres vies. Une toute petite partie de ce que j’ai appris se retrouve dans le livre fini, mais je profite toujours de ce supplément de découvertes pour grandir, personnellement. Cela rend ma vie plus vaste, plus intéressante.

Votre vision des autorités de notre pays est assez mitigée, est-ce le résultat de votre enquête ?

Je ne dirais pas ça. La police fonctionne comme elle le peut. Elle est seulement constituée d’êtres humains ordinaires. Chacun essaie de bien faire, mais chacun a sa façon bien à lui d’aborder la réalité, selon son propre point de vue, ses habitudes, ses convictions. Dans le roman, les flics ne sont pas foncièrement mauvais. Il y a simplement de nombreux qui pro quo qui ralentissent la résolution de certaines affaires. Je m’efforce de ne pas raconter des faits en blanc et noir. Les zones de gris sont beaucoup plus intéressantes, me semble-t-il. Dans la vie, chaque personne réagit de manière tellement différente ! Pour prendre un exemple parlant, j’ai fait lire à deux policiers différents la scène où j’évoque que des flics obtiendraient des faveurs sexuelles de mineures toxicomanes. Un de ces deux policiers m’a informé que oui, cela arrive exactement comme ça et que tout le monde ferme les yeux, alors que l’autre (qui travaille dans une ville différente, cela a sans doute son importance) a explosé en me disant que s’il apprenait quelque chose comme ça, il irait défoncer la gueule à ces collègues avant de les dénoncer. Précieux pour prendre du recul sur certaines situations…


Une équipe de policiers efficace, la série PROFILAGE SAISON 8

Vous avez donc conscience que cette « histoire affreuse » n’est pas loin de la vérité ?

Le roman est de la pure fiction, j’insiste sur ce point. Mais, comme je le disais, tout ce qui est évoqué en toile de fond, chaque anecdote ou fait divers, est… malheureusement bien réel, oui.

Le fait d’avoir cité un tueur en série connu, est-ce pour nous attirer l’attention sur l’existence de telles sectes ?

De fait, j’ai essayé de citer le moins de noms possible, ce n’est pas un roman à clé et je ne tiens surtout pas à faire passer le moindre message. Simplement divertir. Il n’y a rien de plus flippant que de se dire « cela pourrait arriver. Cela arrive peut-être en ce moment même… » Mais forcément, de temps à autre, je ne pouvais faire autrement que de citer un nom ou une ville…

Votre roman Du feu de l’enfer est, à mon humble avis, musical, comme une sorte de comédie musicale à la Rocky Horror Picture Show, est-ce que je suis à côté de la plaque ?

Ce que je peux dire, c’est que, tout comme ce film en particulier, Du feu de l’enfer appartient à un genre. J’aime prendre les codes et jouer avec eux, les réinterpréter à ma manière, leur donner un sens nouveau. La musique et les clins d’œil à la fois musicaux et mythologiques peuplent les pages du roman. Cela n’en fait pas une comédie musicale non plus. (Rires.) Plutôt un « slasher », avec beaucoup de recul sur les conventions du genre.


Quelques personnages de "slasher" connus

Un certain nombre de groupes sont nommés dans votre ce roman flippant. Est-ce que le choix des chansons est mûrement réfléchi, pour cadrer avec ce qui se passe dans l’histoire ?

L’essentiel des groupes nommés sont la musique qu’écoute Manon dans sa voiture. Son métier lui impose des kilomètres à parcourir chaque jour, et elle meuble ces temps de route en écoutant des groupes comme Portishead ou Chelsea Wolfe. Citer ce qu’elle écoute, et évoquer ce qu’elle ressent en l’écoutant, était important pour définir le personnage. C’est bien connu, la musique qu’on écoute est révélatrice de notre personnalité. Et dans un roman, souvent, de ce qui se passe dans le cœur du personnage…



CHELSEA WOLFE
Crédit photo: Elodion

Est-ce que ce sont des groupes que vous écoutez régulièrement ?

Pas forcément, ce n’est pas mon genre de prédilection, mais en toute objectivité Manon a très bon goût en matière de musique ! J’ai mis un point d’honneur à ne lui faire aimer que ce qui se fait de mieux dans ces genres musicaux précis.

Pouvez-vous nous dire ce que vous aimez comme musiciens ou autres groupes, voir même d’autres styles musicaux ?

Personnellement, j’écoute plutôt du rock et du metal. Je suis de la vieille école, celle des Judas Priest et Ronnie James Dio (que je vénère). Mais je suis également un grand amateur de musique plus massive et agressive, telle que celle de Marduk, Behemoth, Belphegor


BEHEMOTH
Crédit photo: fot. oficjalna strona zespołu

Est-ce que la musique a une place importante dans votre vie ? Écrivez-vous en écoutant de la musique ?

 J’écoute de la musique en permanence. Quand j’écris, cela m’aide à trouver un rythme, une couleur… ou même des idées amusantes ! Si le mot de passe de l’un des personnages du roman est LOVE IS ALL, ce n’est bien sûr pas par hasard… Ou si les masques des membres de ma secte évoquent ceux des goules du groupe de rock Ghost, ce n’est pas non plus une coïncidence, c’était plus fort que moi !


GHOST

Lisez-vous beaucoup, Sire Cedric ?

Autant que possible, oui. Les livres sont une passion. J’ai toujours un ou deux romans en cours, que ce soit en version papier sur ma table de chevet, sur ma tablette en numérique ou même version audio car j’aime la course à pied et j’en profite pour lire avec les oreilles.

Qui est pour vous l’écrivain incontournable ?

Stephen King, sans le moindre doute. C’est une évidence et un cliché de le citer, mais cet homme a inventé le métier que je fais. Il m’a également donné envie d’être écrivain moi-même, alors que j’étais adolescent.
STEPHEN KING

Sire Cedric, je vous laisse conclure cet interview, vous pouvez dire ce que vous voulez.


Je vous remercie, et je salue les lectrices et lecteurs qui passeront par ici ! J’espère qu’ils auront envie de découvrir mes histoires et qu’elles les divertiront ! Les dates de mes prochaines dédicaces sont indiquées sur mon site officiel, il ne faut surtout pas hésiter à venir me voir pour discuter !



Mais c’est nous qui vous remercions Sire Cedric , pour votre gentillesse et votre patience qui nous permettent de vous connaître et nous éclaire dans le lecture de votre superbe roman « Du feu de l’enfer », et d’y penser encore…

Liens:





Photos: Site officiel et Facebook Sire Cedric

Un petit cadeau pour Sire Cédric:



Ichigo Samuru


lundi 28 août 2017

HENDA AYARI raconte ses aventures

J'ai choisi d'être libre



« Aujourd’hui j’aimerais que les très longues années que j’ai passées enfermée dans ce courant obscurantiste et misogyne n’aient pas été vaines » (Henda Ayari)

Henda Ayari (en collaboration avec Florence Bouquillat, Grand Reporter à France 2), nous livre un témoignage saisissant, émouvant, sans haine, de ce temps passé au sein de la secte salafiste et comment avec courage et foi, ainsi que l’aide de nombreuses personnes issues de différents horizons, elle a pu s’échapper de cette secte et se reconstruire. Le plus dur a été de fuir Bachir, un mari salafiste qui s’avérait pouvoir être très violent. Bachir l’avait séduite avec sa beauté, sa gentillesse et des mensonges. Mariée rapidement avec l’accord des familles qui n’étaient pas salafistes, et qui  désapprouvaient que Bachir le soit. Henda se retrouve donc dans un piège. Mais femme droite et courageuse, avec ses trois enfants, elle s’en sortira après moult dangers… tout ceci  en France, oui, sous nos yeux.

En France on peut être enrôlé dans une secte et mourir. Mais Henda maintenant présidente de l’association « Libératrices », aide les femmes qui sont aux mains des salafistes, membres d’une secte dangereuse, belliqueuse envers les femmes, la France, les chrétiens et tous les musulmans qui ne pensent pas comme eux. La femme, pour les salafistes est un objet. Ces derniers sont des « littéralistes », c’est ainsi en fait que nous devrions nommer ces gens. Ils disent prendre le Coran à la lettre mais en fait ils inventent. Ils  se moquent des longues traditions d’interprétations, depuis que Mahomet a « donné » ce message de la part d’Allah (Dieu) aux hommes. Les salafistes se vantent de vivre comme le prophète, mais cela est un mensonge honteux. Il ne faut pas mélanger musulman et salafiste.



Sur le livre de Henda Ayari, je vous en ai assez dit, trop dit peut-être, car franchement, je vous invite à le lire. Il nous éclaire sur l’Islam en France, en Tunisie… il nous montre comment les musulmans de France vivent, comment ils souffrent des amalgames que font certains politiques ou extrémistes qui se disent catholiques. Ces personnes ne font qu’augmenter la crainte des uns envers les autres. Alors que les musulmans ne demandent qu’à vivre en paix.

La France est-elle raciste ? En tous les cas, je peux vous dire que j’ai un ami turc, donc musulman, né en France, qui m’a presque sauvé la vie. Cet ami comptable ne trouve pas de travail à cause de son nom. Haru. Homme joyeux, aimant profondément la France, le foot, il ne trouve pas de travail, parce qu’il s’appelle Harun …. Vous trouvez cela normal ? Et ce n’est pas le seul.

Cela fait 20 ans que je vis dans un quartier (un tiéquart), une banlieue, avec un grand nombre de musulmans. Beaucoup de jeunes traînent dehors et ne savent pas quoi faire. La mairie ne fait rien, personne n’aide ces jeunes, leur donne un but. Ils ne sont pas pratiquants et la mosquée (qui est classée S d’après ce que je sais) n’arrive même pas à les recruter. Alors ils font peurs, mais ne sont-ils pas victimes d’une société qui n’a plus de repères et qui coule petit à petit ?

Tous les mouvements extrémistes sont dangereux. Que ce soit les salafistes, ou les intégristes de tous bords, ils sont dangereux. Il n’y a pas chez eux d’amour. C’est clair. Tout est basé sur la critique. « Nous on est les meilleurs et nous allons tout redresser ». Mais comment ? En trafiquant, en bourrant le crâne de leurs adeptes, en les laissant dans l’ignorance, en leur disant des mensonges. Et c’est vite fait de se laisser prendre au piège. Même l’athéisme a ses extrémistes et ceux là ne sont pas tristes, ils aiment prendre tout ce qui peut accuser une religion, même si ce sont des mensonges, pour vomir dessus.

Alors comment faut-il faire pour éviter de tomber dans le piège des extrémistes ou des sectes ? Cela est difficile pour une femme dans l’Islam, il suffit de lire le livre de Henda. Elle donne quelques conseils, mais quand la famille est derrière … En tous les cas nous pourrions donner quand même quelques pistes à une jeune musulmane qui rencontre un barbu en robe. Déjà là elle a un signal. Ensuite si dans la famille de cet homme elle voit le père et la mère qui s’opposent à ce que fait celui avec lequel elle pense se marier et être heureuse, il faut qu’elle cesse de voir cet homme. S’il tient des propos extrêmes, même légers, il faut en savoir plus. Mieux se renseigner et prier aussi. Mais c’est facile à écrire, je ne sais pas si cela est envisageable, Henda Ayari a monté son association dans le but d’aider ces femmes.



Par contre comment détecter que l’un de vos enfants est aux prises avec des salafistes ou une secte? Il faut déjà être proche de ses enfants, dialoguer avec eux, s’intéresser à ce qu’ils aiment. Si vous êtes pratiquant, veiller à ce que l’enfant puisse avoir une solide formation, pour se défendre contre les assauts des salafistes ou des sectes. Si vous n’êtes pas pratiquant, veiller à ce que votre enfant puisse avoir au moins un minimum d’esprit critique, qu’il ne gobe pas tout ce qu’il entend. Comme il faut dire aux gens d’être prudent avec ce qu’on nous raconte à la télé, il faut dire à l’enfant d’être encore plus vigilent avec ce qu’il trouve sur internet.

Sur internet, nous lisons un peu n’importe quoi. Les discussions sur les réseaux sociaux sont truffés d’âneries et certaines peuvent êtres très dangereuses car ce sont des carottes que l’on vous tend pour vous attraper. Il y a toujours un langage presque identique qui ressort des sectes et des salafistes, de Daech et de toute cette bande de joyeux drilles. Ce langage séduit car il critique, médit, calomnie, et se vente. Il y a toujours un complot, tout le monde à tort : sauf leur groupe. Ils cherchent à séparer l’enfant de ses parents de manière insidieuse, tout par derrière. Ils donnent des promesses parfois vertigineuses. Sont visées toujours les institutions. Et il y a un sérieux manque de références, ou alors les références sont truquées. Tout cela pour séduire et engager le nouveau ou la nouvelle recrue.

Face à ces mouvements sectaires, vous ne pouvez pas vous réfugier derrière votre athéisme et dire que de toute façon tout cela c’est du même, que toutes les guerres sont à cause de la religion, que s’il n’y avait pas de religion ont serait heureux sur terre… tous ces propos ne peuvent qu’endurcir l’enfant, le jeune homme ou la jeune femme. Il faut ouvrir votre esprit, même si vous vous croyez ouverts. Et vous intéresser au mouvement avec lequel votre enfant est en contact.

Comment savoir ? Déjà si vous avez un bon contact, si vous vous intéressez à l’enfant, vous verrez rapidement le changement. Si vous ne savez que vous occuper de vous-mêmes en laissant vos enfants libres de faire ceci ou cela, alors ne vous plaignez pas si  un jour vous ne voyez plus votre fils ou votre fille car il ou elle a quitté la maison pour rejoindre la secte.




Ah ce n’est pas simple. Vous verrez dans cet excellent ouvrage, Henda parle de son fils aîné et aimé, Adam. Oui, les gement. Si vous ne savez que vous occuper de vous-mêmes en laissant vos enfants libres de faire ceci ou cela, alors ne vous plaignez pas si  un jour vous ne voyez plus votre fils ou votre fille car il ou elle a quitté la maison pour rejoindre la secte.choses ne sont pas toujours simples même avec une bonne éducation. La vie est difficile, et les dangers sont nombreux, presque partout. Sans noircir trop le tableau. Mais les sectes font un travail régulier et constant. Elles cherchent à enrôler. Elles viennent d’abord au devant des gens : enfants ou adultes, avec une apparence de brebis et à l’intérieur ce sont des loups qui se trouvent en face de vous.

La secte quelle qu’elle soit est un trou béant qui réclame ses victimes, elle n’est jamais rassasiée, il lui en faut toujours plus. Alors la prudence est de mise. La liberté de religion est normale, mais présente de grands dangers car toute sorte de farfelus se permettent d’annoncer des choses qui tournent la têtes de jeunes en recherche de vérité, d’idéal, de cause à défendre… Celui ou celle qui se fait enrôler dans une secte n’est pas méchant, mais le lavage de  cerveau va faire son effet. Un temps une association qui défendait les familles et les individus contre les sectes, utilisaient des façons radicales pour extirper les personnes des sectes. L’association a eu des ennuis avec la justice.

Ne pas être naïf donc. La religion est bonne, n’en déplaise à certain, mais le sectarisme et l’intégrisme sont mauvais. Un intérêt de ce que fait et vit votre enfant va vous permettre peut-être d’éviter qu’il se fasse infecter par une secte ou par le salafisme. Imaginez un poison qui entre dans votre corps et vous transforme, voilà comment agit les enseignements de la secte . La transformation sera mauvaise et fera que l’enfant se séparera de vous petit à petit, non pas dans les idées : car si vous êtes athée et que votre enfant deviennne par exemple chrétien, vous n’aurez plus les mêmes centres d’intérêts, mais si vous laissez votre enfant aller à la messe, après avoir rencontré le prêtre, et si vous continuez d’avoir un bon rapport avec lui ou elle, vous verrez son amour rester le même voir grandir, mais jamais il ou elle ne partira en claquant la porte, si vous faite l’effort de garder le dialogue.

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La religion fait partie de notre vie depuis toujours. L’athéisme n’est pas la norme de la vérité. Mais il y a une différence flagrante entre quelqu’un qui pratique une  religion disons reconnue et quelqu’un qui s’enfile dans une secte, ne veut plus manger ceci ou cela, ne veut plus regarder la télévision, vous traite de démon, et crache sur la France. Les salafistes crachent sur la Républiques tout en acceptant toutes les aides que celle-ci leur apporte. Attention, la République n’est pas sans faille, et ce n’est pas parce que votre enfant commence à se poser des questions à savoir si la République ne devrait pas changer, qu’il est entré dans une secte où devient salafiste. De toute façon s’il devient salafiste, il voudra se laisser pousser la barbe, s’habiller à la manière des salafistes et deviendra rapidement agressif.

Alors il faut veiller. L’éducation de nos jours est difficile. On sait tout, tout de suite. Mais ce n’est pas toujours la vérité que l’on sait tout de suite. Les parents sont vites considérés comme des ringards. Les jeunes peuvent être durs. C’est là tout particulièrement qu’il faut être proche, ne rien lâché. Une de mes filles a risqué de passer dans un mouvement louche, et c’est parce que nous n’avons rien lâcher qu’elle n’y est pas entrée. Ce qui ne l’a pas empêchée dès sa majorité de rejoindre des extrémistes. Mais heureusement elle les a quitté. Et de toute façon ce n’était qu’un petit groupe de gens pas bien méchants.

Tous ces conseils que j’ai essayé de vous donner dans cette chronique, sans vouloir spoiler le témoignage d’Henda, bien entendu, sont « faciles à dire ». Dans la réalité quotidienne de la vie familiale, tout va si vite et l’adolescence est souvent une dure épreuve pour les parents qui voient leur enfant changer, et qui ne les écoute plus parce qu’il est « assez grands ». Il faut cependant ne pas baisser les bras et vous investir. Faut-il parler deux heures et rater la série du mardi soir ? soit. Votre enfant vaut toutes les séries. Seul l’amour pour son enfant pourra l’aider. Ceci même s’il part, s’il s’embarque dans une secte, devient salafiste. La porte de votre maison doit toujours rester ouverte. Car comme le dit Black M, je cite de tête, quand on touche le fond, il n’y a plus que ses chers parents (dans Sur Ma Route).

En parlant de chers parents, et si nous posions quelques questions à Henda Ayari qui a pu se sortir de la secte salafiste. Oh ce sont des questions légères, sauf peut-être la dernière. Pourquoi choisir de telles questions ? Parce elles compléteront peut-être la lecture de son livre, que je vous recommande encore une fois de lire.«  J’ai choisi d’être libre ». 



Interview : « Je raconte mes aventures » (Henda Ayari)

Ichigo Samuru : La jaquette de votre livre est superbe. Votre look Rock, vêtue de cuir de la tête aux pieds, et sans être vulgaire, porte-t-il un message volontaire ?

Henda Ayari : Un petit peu, c’est mon look. J’aime beaucoup changer de look, j'aime assez le cuir et les treillis militaires. Autrement je porte parfois des habits plus classiques. Je me sens bien en cuir : J’adore porter le perfecto, j'aime les tenues de motards, c’est le côté liberté de la moto (dont j’aimerais bien passer le permis), que j’aime dans le cuir. Le cuir c’est féminin et ça représente une partie de ma personnalité comme les treillis et les tenus militaires, peut-être parce que au fond de moi je me sens comme une guerrière pour qui la vie est un combat.

I.S. : Quelle musique aimez-vous, Henda ?

H.A. : Toutes sortes de musiques. J’aime particulièrement celle des années 80-90. J’écoute de Dalida à Queen, Tracy Chapman, Sade, aussi, j’aime les voix un peu chaudes. Le Rock, cela dépend, j'ai eu ma période Rock à l'adolescence avec Nirvana, que j'écoutais souvent puis Reggae, avec Alpha Blondy, Bob Marley,…, Je peux écouter les Bee Gees, ABBA, Joe Dassin, la chanteuse que j'aime en particulier et à laquelle je m’identifie le plus, c’est Dalida. Mais à la différence d’elle, c'est que moi, j’ai eu la chance d’avoir eu des enfants, un manque cruel dont elle a beaucoup souffert. J'aime vraiment toutes sortes de musique, comme Budha Bar, Kery James, Grand Corps Malade, Stromae…

I.S. : Quelle genre de littérature préférez-vous aujourd’hui ?

H.A. : Je lis de tout. Je préfère les témoignages, les ouvrages de sociologie. Je lis « Le secret » et aussi tout ce qui concerne les plantes, les pierres. J’ai une passion pour les remèdes naturelles. Je soigne avec des plantes. J’aime aussi les livres sur les voyages : Je travaille actuellement dans les voyages pour une compagnie américaine.

I.S. : Seriez-vous intéressée d’avoir un contact avec Zaho ? Pensez-vous que ce genre de chanteuse pourrait apporter quelque chose à votre association « Libératrices » ?

H. A. : Oui j’apprécie Zaho, c’est elle qui est venue après moi pour des dédicaces au magasin Cultura de la Rochelle. J’aurais pu la rencontrer, je le redis, c’est quelqu’un que j’apprécie.

I.S. : N’êtes-vous pas déroutée par tous ces gens qui veulent vous suivre sur votre page Facebook mais qui ont une vision qui va dans tous les sens ?

H.A. : Je vis tous cela très bien. Je n’ai pas de problèmes avec les gens qui me suivent. Parfois certains n’ont peut-être pas compris, ce que veux exprimer. Je lis les commentaires, les avis sont toujours bon à prendre, car on apprend tous les uns des autres. Cela m’aide à mieux cerner certains sujets. Les gens irrespectueux ou provocateurs je les bloque.



I.S. : En deux mots : Florence Bouquillat.

H.A. : Une main de fer dans une gant de velours.

I.S : Je vous laisse conclure.

H.A.: Je suis ravie d’avoir participé à cet interview. Je suis contente de ce qui se passe. J’espère que l’association « Libératrices » va-t-être suivie car beaucoup de femmes qui ont été coupées du reste de la société, tout comme moi, suite à un embrigadement dans une doctrine sectaire, je reçois énormément de messages de femmes en souffrances qui voudraient s'en sortir, elles ont besoin d'être soutenues à tous les niveaux et je souhaite que l'association que j'ai fondée soit un intermédiaire entre ces femmes et le reste de la société car ces femmes ont besoin de la société comme la société a besoin de ces femmes. L'enjeu de demain ce sont surtout les enfants, c'est pour cela que l'éducation doit être la priorité et qu'en aidant ces femmes ont aide également des enfants qui seront les adultes de demain.

On a encore beaucoup de travail pour faire avancer les choses mais tout est possible. «  On peut construire un avenir encore plus beau sur les ruines de son passé » (Henda Ayari)

Merci à Henda Ayari pour sa gentillesse et sa disponibilité. Quant-à vous chers amis, vous savez ce qu’il vous reste à faire.




L'ASSOCIATION LIBERATRICE


"Je reçois beaucoup de témoignages en message privé, de jeunes filles qui se posent des questions au sujet du voile, certaines souhaitent le porter d'autres le retirer mais ont peur des réactions, beaucoup de gens me posent toutes sortes de questions au sujet de l'islam et de la femme musulmane...
Je reçois également des messages de mamans divorcées ou séparées qui se retrouvent en grande difficulté toutes seules avec leurs enfants...
J'ai reçu aussi de nombreux messages de parents qui sont en grande difficulté face à la conversion de leurs enfants pour me demander conseil...
Malheureusement, je n'ai pas la possibilité de répondre à tous les messages et certains m'échappent involontairement car j'en reçois de plus en plus chaque jour.
L'idéal serait de m'envoyer les témoignages à l'adresse mail dédiée aux témoignages afin que je puisse répondre et rester en contact avec chaque personne qui souhaite apporter son témoignage et qui a besoin de conseils ou d'informations diverses. Je ferai au mieux pour répondre à chacun dans les plus brefs délais.
L'association est en train de s'agrandir avec une nouvelle équipe (parisienne) très pro et plus motivée que jamais ! 
Nous préparons un événement important pour le mois de septembre,nous vous en dirons plus dans quelques jours...
Je m'excuse auprès de toutes les personnes qui m'ont contacté via Facebook et qui n’ont pas eu de réponse, j'espère qu'elles comprendront que cela est involontaire de ma part. L'association me prend beaucoup de temps et d’énergie car nous sommes en pleine structuration, en m'écrivant par mail ce sera plus facile pour moi de répondre à chacun...
Pour les personnes qui tiennent à témoigner ou à avoir une réponse, vous pouvez m'écrire à parolesliberatrices@gmail.com.
Pour les journalistes, partenaires associatifs, professeurs, professionnels divers qui souhaitent faire des demandes d'interventions, conférences,...Vous pouvez me contactez sur la boite mail de l’association liberatrices@gmail.com
Le chargé de développement de l'association vous contactera au plus vite ou moi directement.
Merci à toutes et à tous.
Henda"
Août 2017



Crédit photos: Claude Gassian

Ichigo Samuru


lundi 10 juillet 2017

Anaïs W n'appartient pas à un genre

Chronique du roman de Anaïs W: « Débolis Héyavé » 



N’irritez pas vos enfants (Saint Paul)

« Quand les armures tomberont, il ne restera que des ressemblances... » (Anaïs W)

Anaïs W nous raconte une histoire prenante, profonde, grave qui se passe lors de l’adolescence, une partie de la vie tellement sensible, de Débolis Héyavé.

Le thème du roman nous rappelle combien les parents peuvent par leur maladresse, leurs problèmes, leur manque d’amour pousser leur enfant dans le désespoir et le pousser à ce chercher un modèle qui n’es pas forcément le bon, même s’il en retiendra de bonnes choses, cela dépend...

Irriter ses enfants a forcément des conséquences qui peuvent s’avérer graves si le modèle que l’enfant va forcément trouver est mauvais. On limite la casse quand il est bon.

L’enfant n’est pas une chose. Il a besoin de toute notre affection, de toute notre attention, de tout notre amour.

Mais si on ne l’attendait pas cet enfant ?
Si la mère l’abandonne dès sa naissance ?
Si le père l’abandonne alors que l’enfant est adolescent ?
Si les parents divorcent ?
Eh bien cet enfant qui deviendra un ado, puis un adulte, ne mérite pas qu’il soit rejeté. Rejeter son enfant est un acte égoïste, même si cet enfant n’est pas aimé. Et pourquoi ne serait-il pas aimé ? Comment ne puis-je pas aimer celui qui est mon sang ? C’est impossible. Je ne porte pas de jugement sur ceux qui le font : qui n’aiment pas leur gosse jusqu’à les abandonner. Mais je rappelle simplement que le rejet d’un enfant pour une raison ou une autre est un acte égoïste, c’est un manque d’amour.

L’amour n’est pas simple, encore faut-il avoir été aimé soi-même. Il est vrai que cela peut-être un frein, mais, quand même, cet être qui est venu au monde est un enfant innocent, mon sang coule dans ses veines, l’enfant n’est pas coupable des actes de ses parents.

Un ado, c’est pénible bien souvent. Mais c’est merveilleux, si on l’aime. Il demandera beaucoup, mais nous attendons aussi beaucoup et parfois trop. Ne pas aimer son enfant, le confier à ses parents pour qu’ils s’en occupent, bon débarra : Quelles en sont les conséquences ? Elles sont diverses, selon l’enfant, sa sensibilité.

Anaïs W, elle, nous raconte Débolis. On s’attache à ce jeune qui cherche à canaliser sa colère.
La colère. Nous pouvons nous retrouver dans ce roman réaliste. Anaïs W connaît bien les adolescents et pas qu’eux...
La colère. Elle peut être dissimulée par une apparence, un choix de vie : Par exemple celle d’être musicien sympathique et calme, la laissant s’exprimer sur scène dans des solos de guitares torturés qui peuvent durer. Elle peut se cacher dans un rejet des traditions pour chercher ailleurs et cela peut durer longtemps.

L’amour des membres de la famille ne suffit pas, il faut un déclic.

Anaïs W sait raconter, vous n’avez pas envie de lâcher ce roman bien écrit, chaleureux, dynamique. Anaïs W sait nous montrer dans une histoire intéressante qu’il ne sert à rien de camoufler sa colère.

Parents, n’irritez pas vos enfants, cette exhortation vieille de 2.000 ans est toujours d’actualité. Et peut-être plus que jamais dans un temps où la famille… ce mot à aujourd’hui un sens étrange.

Débolis Héyahvé, un garçon attachant, une histoire criante de vérités. Allons à la rencontre de celle qui a donné vie à ce héros de la vie courante, d’une vie douloureuse :



« Je m’adresse à l’humain… on a tous quelque chose à régler » (Anaïs W)

Ichigo Samuru : Pourquoi écrivez-vous Anaïs W ?

Anaïs W : Pour moi d’abord, à l’adolescence. Je ne pouvais pas exprimer la noirceur et la brutalité de mes émotions dans ma vie, alors je l’ai fait par écrit. Maintenant que je suis auteure, j’écris pour mes lecteurs et je veux partager un message de combativité, de positivité. Je le fais toujours dans des histoires concrètes.

I.S. : Pour qui écrivez-vous ?

A.W : Je m’adresse à l’humain, à ce qu’il y a en chacun de nous. Tout âge est concerné. On a tous quelque chose à régler. J’essaie juste de réveiller les consciences.

I.S. : Le nom de votre héros, Débolis Héyavé est assez surprenant.

A.W : Oui, au départ « Débolis Héyavé » était une nouvelle pour un concours au lycée. Je voulais écrire l’histoire d’un baba cool, et je voulais un prénom représentatif. J’ai donc inventé « Débolis ». Quant à « Héyavé », c’était pour la consonance spirituelle, rien à voir avec la religion.

I.S. : Cette histoire semble tellement réelle. Est-ce voulu ?

A.W : Oui, je ne sais pas écrire autrement ! Je ne pourrais pas m’exprimer dans la science-fiction par exemple. Au début j’avais peur de dire que mes livres sont « réalistes » car les gens veulent justement fuir leur quotidien. Puis avec les commentaires de mes lecteurs, j’ai découvert le message que mes livres portaient. Bien que réaliste, ils permettent aux lecteurs de réfléchir sur leur vie, leurs choix, ce qu’ils doivent combattre. Mon univers est un peu psychologique et offre une ouverture sur la « banale réalité »

« Je nomme les émotions pour que les lecteurs puissent s’identifier » (Anaïs W)

I.S. : Pensez-vous que les parents aient un rôle capital à jouer dans la vie de leurs enfants ?

A.W : C’est difficile de répondre à cette question. Il y a des millions de cas, de situations différentes dans les relations parents-enfants. Je pense que le plus important c’est d’avoir un modèle stable, un repère auquel on peut s’identifier et faire confiance. Après… quand on grandit sans parents, on dit toujours qu’on cherche un « père » ou une « mère » et non « un modèle », donc il semble difficile de s’en passer.

I.S. : La solution que nous pouvons lire dans votre roman, de cette stabilité que Débolis a retrouvée, pensez-vous qu’elle soit suffisante ?

A.W : Oui, mais à ce moment-là seulement ! Débolis a trouvé ce dont il a besoin pour aller de l’avant mais est-ce que ça suffira quand un nouvel obstacle surgira dans l’avenir ? Difficile de savoir. Je pense que dans les périodes les plus dures, on essaie juste de colmater les brèches pour ne pas sombrer et cette stabilité n’est pas pérenne. Je me dis souvent que rien n’est acquis.

I.S. : L’Illusion (car beaucoup de gens vivent dans l’illusion) peut apaiser la colère pour un temps, voir soulager. Pensez-vous que ce soit mal ?

A.W : Déjà c’est difficile de se rendre compte que l’on vit dans l’illusion, jusqu’à ce qu’il arrive quelque chose qui nous en fasse sortir. L’illusion peut être bénéfique. L’illusion est humaine. Elle nous protège. Mais il faudra bien un jour percer la bulle.

« L’illusion est juste un moyen de repousser à plus tard ce qu’on n’a pas envie d’affronter maintenant. » (Anaïs W)

I.S. : Combien de romans avez-vous écrit Anaïs W ?

A.W : Officiellement deux, bientôt trois. J’ai de côté, dans mes tiroirs, deux autres idées de romans potentielles mais rien ne me dit que mon prochain livre ne sera pas une idée complètement nouvelle !

I.S. : Sont-ils tous du même genre ?

A.W : Je n’appartiens pas à un genre… Je ne peux pas dire « policier », « voyage », « romantique »… juste réaliste. Après, oui, mes livres suivent tous un fil rouge : les récits, les combats, les façons de s’en sortir… l’espoir !

(Nous discutons un moment sur le genre littéraire de Anaïs W. pourquoi pas inventer un nouveau nom : le genre « Romans d’Aventures de la vie. » ou « Romans de la vie » ?)



« Au-delà des tours » mon premier roman raconte l’histoire de la jeune Debbie qui, à cause d’une connerie faite par son frère, se retrouve à vivre seule dans une cité. En plein clivage avec ses parents, elle y survit tant bien que mal en se forgeant une carapace. Malheureusement son frère va ressurgir l’été de ses quinze ans et venir détruire ses maigres espoirs d’un avenir meilleur. Ses parents vont jeter l’éponge et Debbie, n’ayant plus aucune forme de famille, aussi. L’adolescente va tomber bien bas et toute la question de ce roman c’est, comment va-t-elle s’en sortir ? Où va-t-elle trouver le courage et l’envie de se battre une dernière fois ?

Pour « Débolis Héyavé » j’ai voulu une approche différente. Après avoir été abandonné par sa mère, puis par son père, Débolis se retrouve à l’adolescence dans une rage noire, dévoré par l’incompréhension. Avec l’aide de son grand-père il comprend qu’il ne survivra pas à cette colère et finit par avoir un déclic : il trouve refuge dans la spiritualité, noue avec des principes de tolérance et de positivisme. Mais est-ce suffisant ? L’arrivée d’un nouveau camarade, William, va bousculer toutes ses croyances. William veut faire réfléchir Débolis sur ce qui se cache derrière les apparences et il n’y va pas avec le dos de la cuillère. La rivalité entre les deux jeunes hommes manque de mal se terminer… On se demande comment Débolis va tenir le coup, s’il va retrouver l’équilibre et surtout comment alors qu’une mauvaise nouvelle menace ?

I.S. : Qu’aimeriez-vous que les lecteurs retiennent de Anaïs W ?

A.W : Mon honnêteté et ma franchise, comme dans mes écrits. Et aussi mon positivisme !

I.S. : Qu’écoutez-vous comme musique Anaïs W ?

A.W : J’ai ma playlist « inspiration » sur ma chaîne YouTube si vous voulez ! Sinon, voyons plutôt ce que je n’écoute pas, ce sera plus facile. Je n’aime pas la variété française, le R’n’B et le RAP, les musiques latinos. Dire que j’aime la Pop, le Rock c’est assez vague… J’aime les groupes comme Archive, Radiohead, First Aid Kit, Saez aussi.

I.S. : Quel est votre auteur(e) préféré(e) ?

A.W : J’ai le droit à un bonus, alors j’en donne deux ! Caryl Ferey et le reporter de guerre Patrick Chauvel.

I.S. : Alors vous n’y échappez pas : Caryl Ferey en deux mots.

A.W : Historique et brutal.

I.S. : Patrick Chauvel en deux mots :

A.W : Guerre et image

I.S. : Je vous laisse conclure.

A.W : Merci de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer sur ces choses qu’on ne m’avait jamais demandée. Je suis reconnaissante de ce moment de partage, merci beaucoup.

Nous quittons Anaïs W, mais nous la retrouverons lors de la sortie de son prochain roman, c’est certain. Quitter une auteure qui a une telle générosité, une telle conviction dans ses écrits, laisse ensuite comme un vide. Il faut un moment pour se retrouver tant ce fut aussi agréable pour votre serviteur. Il n’y a pas à dire mais voilà un talent sûr à suivre de près.



« Je n’appartiens pas à un genre » (Anaïs W)

https://www.facebook.com/leslivresdanaisw.fr/




Ichigo Samuru

EVELYNE JUDRIN: Dès mon plus jeune âge j’ai été encouragée à lire et à écrire

"...j’ai besoin d’humour pour mettre l’horreur à distance et il  n’y en a pas forcément dans les polars que j’aime lire." Evely...